Le tannage du cuir végétal

Le tannage du cuir végétal

Lorsque l’artisan tanneur achète ses peaux elles sont à l’état brut (conservées grâce à du sel ou même congelées).
 
Dans un premier temps le but est de dissoudre la peau intérieur et les poils encore présents sur les peaux. Pour cela on utilise un premier traitement à l’hydroxyde de calcium et au sulfure de sodium :  En passant dans la machine suivante les peaux se débarrassent définitivement du reste de chairs. Elle doivent après ce traitement passer dans une cuve plus acide pour rétablir un PH neutre, elles sont ensuite prêtes pour le tannage.
 

Le tannage ici est une des étapes les plus importantes et celle qui fait toute la spécificité du cuir.
Il est question d’un cuir végétal nommé ainsi en raison du processus en cours dans les deux photos ci-dessus : des bains de tannin d’origine végétal. Dans ces fosses il s’agit du tannin de châtaigner et de mimosa, mais il est possible d’utiliser d’autres essences forestières comme le chêne. Le processus de tannage peut également s’effectuer par le biais d’un produit chimique, comme le chrome. Mais il faut savoir que ce genre de tannage est généralement utilisé de façon plus industriel et aboutie à un cuir de moins bonne qualité (un mauvais tannage produira un cuir friable et fragile qui, au bout de quelques semaines d’utilisation se déchirera probablement).
 
Après le tannage les peaux sont lavées dans une autre cuve afin de retirer le surplus de tanin. Une fois rincées, les peux font un séjour dans une pièce spéciale : le séchoir. Là le taux d’humidité et le temps de séjour sont sous haute surveillance ; il ne s’agit pas de dessécher les peaux !
 
Après le séchage, les peaux passent au foulage. Comme bien des étapes décrites ci-dessus le processus s’effectuait auparavant à la main mais il est maintenant mécanique. Les peaux tournent dans un foulon pour leur redonner de la souplesse.
 
L’étape suivante est le graissage, ce qui permet de l’assouplir encore, lui donne davantage de résistance et définit sa destination. En effet les peaux doivent être graissées en fonction de leur utilisation future ; pour de l’orthopédie par exemple, le pourcentage de graisse sera très bas tandis que pour de la sellerie destinée aux animaux (harnais, colliers…) le pourcentage de graisse est beaucoup plus important, rendant ainsi le cuir moins sensible aux intempéries. Bien sur les peaux bruts sont également achetée en fonction de leur destination, l’épaisseur et la qualité des peaux (voir même les races des bovins) sont importantes. Néanmoins, après le séchage il y a l’opération de calibrage ou contrôle des mesures (épaisseur en particulier).
 
Pour finir les peaux sont entreposées en attente d’un acheteur.
Et bien sur tout le travail de l’artisan maroquinier consiste à faire de ces peaux d’exceptions de magnifiques objets dont la noblesse et la qualité en font des pièces indispensables et à la durée de vie singulièrement longue !